Psychologie → L'Impact de la Rosacée (1/2)

Si la rosacée est une maladie handicapante dans certains cas rares, elle reste malgrè tout une maladie bénigne sur un plan purement physiologique. Un tel constat n’est malheureusement pas vrai dès qu’il s’agit d’observer l’impact psychologique de la maladie.

Un retentissement psychologique important

Plusieurs études ont révélé en effet que la rosacée ou la couperose avait un retentissement négatif important sur la vie sociale et l’estime de soi des malades. Parmi les études évaluant cet impact, celle de la NRS (National Rosacea Society) est particulièrement révélatrice. Cette étude qui a porté sur 603 patients Américains montre que 76% d’entre eux souffrent d’une dégradation de leur confiance en eux alors que 50% affirme avoir une vie sociale moins riche du fait de leur maladie.


Ces chiffres s’élèvent respectivement à 94% et 77% pour les malades qui considèrent leur condition comme sévère. Plus de 69% des Américains interrogés répondent qu’ils ont déjà été embarrassés par leur condition, 65% qu’ils éprouvent un sentiment de frustration et 41% de l’anxiété du fait de leur condition. Enfin, 35% de ces personnes disent se sentir désarmées face à la maladie, 25% de souffrir de dépression et 18% de solitude.

Cet impact peut s’expliquer par plusieurs facteurs. Le premier et le plus immédiat est bien sûr lié aux dommages visibles que la rosacée provoque sur l’esthétique.

L'érosion de l'estime de soi

Parce qu'elle est l'interface entre notre être intime et notre environement extérieur, et à travers son role de porte parole de notre inconscient, la peau a toujours fait l'objet d'une attention toute particulière au sein des sociétés humaines: maquillage, piercing, tatouage, bronzage... Aujourd'hui, l'homogénéité de cette dernière est devenue l'un des principaux critères de beauté dans les sociétés occidentales. A ce titre, les effets nefastes de la rosacée sur la peau sont donc souvent vécus comme une expérience douloureuse, en particulier chez les jeunes gens.

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Ainsi, de nombreuses personnes témoignent d’une dégradation de leur estime en soi directement imputable à la détérioration de leur peau et admettent avoir un vrai complexe vis à vis de cette dernière. Dans certains cas plus grave, la perte d'objectivité devant les effets de la maladie va même au délà du simple complexe physique. Les symptômes de la rosacée (rougissements transitoires, papulo-pustules, couperose) sont alors perçus par le malade comme beaucoup plus prononcés qu'ils ne le sont réellement, entrainant alors un profond mal-être, on parle dans ce cas de dysmorphophobie.

Un sentiment de honte

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La rosacée est également mal vécue à cause du sentiment de honte qu’elle peut faire naître. L’association de la rosacée avec l’alcoolisme dans les croyances populaires explique dans certains cas cet embarras. Le rougissement du visage lors de situations émotionnellement exigeantes est aussi souvent à l’origine de ce sentiment de honte. La rosacée peut en effet apparaître pour certaines malades comme une traduction visible d’une sensibilité importante ou d’un mal-être intérieur qu’ils cherchent absolument à cacher.

Pour certaines personnes particulièrement timides, ce sentiment de honte associé au caractère sensible de leur peau les rend particulièrement sujet au rougissement émotionnel. Ces rougissements peuvent également faire l'objet d'une attention permanente, déviant vers une véritable phobie du rougissement : l’ereutophobie. (⇒ En savoir plus sur l'Ereutophobie)

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